Encore une année, mon vieux copain.
J’ai tellement de mal à croire que cela fait déjà sept ans que tu as quitté notre monde. Je t’imagine désormais parmi ses gardiens, veillant sur nous à ta manière, avec sans doute quelques longues pauses dont personne ne songerait à te tenir rigueur.
Du premier jour où je suis entré dans la vie de ta maman jusqu’à ton dernier souffle, tu as laissé en moi quelque chose qui demeure. Tu m’avais vu prendre une place dans son cœur, et tu m’en avais offert une dans le tien. J’étais devenu ton humain, moi aussi. J’en garde encore une petite fierté attendrie.
Je repense à tout ce que nous avons vécu de formidable sans toujours nous en apercevoir. Nos joies minuscules, nos habitudes désuètes, nos aventures sans gloire. Tout ce qui faisait une journée semblable aux autres, et dont nous n’aurions même pas eu l’idée de parler si l’on nous avait demandé ce que nous avions fait de beau.
Comme j’aimerais pouvoir répondre aujourd’hui : nous avons passé la journée avec toi.
Ces instants se sont cristallisés. Je les retrouve avec leur drôlerie, leur tendresse, cette douceur familière que nous avions la chance de ne plus remarquer. Ils ont désormais plus de valeur que le plus pur des diamants. Je voudrais parfois m’y attarder davantage, laisser le souvenir se poursuivre jusqu’au lendemain. Mais il s’arrête toujours avant que j’aie eu assez de toi.
Sept ans… déjà.
Tant de choses ont traversé nos vies. Nous avons connu d’autres joies, vécu d’autres aventures. Et chaque soir, plus encore à cette date, ton absence me rejoint. La douleur a gardé quelque chose d’inconsolable. J’y reconnais tout l’amour que nous avions pour toi, tout celui que tu nous donnais, et cette envie si simple de t’avoir encore auprès de nous.
Où que tu sois, j’espère que tu es heureux. Chasseur de papillons enfin à la hauteur de tes ambitions, ou monarque absolu d’un coussin douillet au coin du feu. En t’écrivant cela, je souris. Tu vois, tu y arrives encore.
Cette flamme devant ta photo est pour toi. Je l’ai allumée comme on laisse une lumière à quelqu’un qu’on aimerait voir rentrer. Peut-être qu’un instant, elle nous rapprochera assez pour que tu retrouves un peu de notre chaleur, et nous, un peu de la tienne.
Je reste là à penser à toi, le cœur plein de ces jours heureux, les yeux pleins de larmes. J’aimerais tant pouvoir te raconter combien tu nous manques. Tu viendrais peut-être tout simplement te mettre près de moi.
Encore une année, mon vieux copain.
Une année de plus à t’aimer.
Une année de plus sans toi.
Merlin et sa Fée
Il était un temps où la Terre respirait au rythme du chant des peuples invisibles.
Sur les sentiers de Brocéliande, là où la brume s’attarde comme un vieux souvenir, certains savent encore percevoir ce que l’Histoire a cru éteindre. Les Hommes, dans leur aveuglement, ont altéré et façonné ce monde à leur image, oubliant l’harmonie qui y régnait autrefois, mais à l’ombre de leurs pas résonne encore l’écho d’autres présences. Elfes, fées, korrigans… ces êtres magiques ont appris à se fondre dans le silence, dissimulés sous l’écorce d’un arbre, derrière un menhir ou une racine. Ce que le regard n’aperçoit plus, le cœur de l’enfant le devine encore.
Aujourd'hui, ce sont les breuvages qui chuchotent à qui sait tendre l'oreille. Chaque gorgée devient un pont tendu entre ce monde et celui que les yeux oublient. On dit que ces potions ne sont pas de simples infusions, mais des reliques d’un temps où l’harmonie liait l’homme à la nature. Dans chaque tasse, il y a un secret, une promesse, celle de renouer avec le Petit Peuple qui se cache encore sous nos pieds, à la frontière de l’invisible.
Je suis Merlin, ou Merzhin en langue bretonne. Des années en arrière, lorsque la forêt était encore plus dense que la mémoire, j’ai rencontré une fée, fragile et blessée par la cruauté des hommes. Ensemble, dans l'intimité des clairières et autour de potions aux parfums enivrants, nous avons guéri nos cœurs et partagé des récits d'antan. Ses breuvages portaient en eux des secrets oubliés.
De ces instants sont nées "Les Potions de Merlin." Plus que de simples boissons, elles sont des portes vers un univers que la raison n’ose plus explorer. Chaque composition raconte une histoire, capture l'essence d'une légende et murmure une vérité cachée. Aujourd'hui, je t’invite, voyageur, à écouter ces récits. Installe-toi. Respire. Laisse-toi emporter.
Le monde moderne ne croit plus en la magie, mais peut-être sauras-tu, toi, retrouver cet émerveillement, ne serait-ce qu’un instant. Car au fond de ta tasse, quelque part entre la première et la dernière gorgée, se cache l'âme d'une fée.
Merlin
À l'orée des grands chênes et des brumes éternelles, une maison de bois respire au rythme de la forêt.
Au cœur du Morbihan, là où la forêt se fait refuge, nous avons ancré notre existence dans une maison de bois, abritée sous les chênes. C’est ici, à l’orée des légendes, que notre petite entreprise familiale a pris racine, nourrie par l’âme bretonne qui imprègne nos cœurs. La Bretagne n’est pas simplement la terre que nous habitons ; elle est un souffle, une mémoire, une âme ancienne qui résonne en nous.
Ce n’est pas un hasard si les mystères de cette région se sont révélés à nous. Autour d’une tasse de chocolat fumant, d’une infusion rare, ou d’un thé dont les notes rappellent des temps oubliés, la légende est venue à nous. Elle s’est glissée dans les paroles d’un conteur, s’est murmurée dans la confidence d’un ami connaissant des sentiers cachés. Peu à peu, elle a pris forme, nous entraînant dans une quête silencieuse, à la recherche de notre propre Graal : un lien intime avec le "Petit Peuple", ces gardiens invisibles des secrets de Brocéliande.
Convaincus que la vraie richesse réside dans le partage, en 2022, nous avons fait le choix de dédier notre passion à la découverte et à la transmission de breuvages d’exception. Chaque gorgée que nous offrons est une invitation à renouer avec un monde ancien, celui où la terre et l’homme respiraient en harmonie, où les légendes faisaient vibrer les cœur.